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J’ai lu | « Parents efficaces » du Dr. Thomas Gordon

2014-07-17_parents-efficaces

Dans cet article, j’expliquais pourquoi j’avais envie de lire des livres sur l’éducation. Je viens de terminer Parents efficaces du Dr. Thomas Gordon, et je voulais vous expliquer ce qui m’a intéressée dans ce livre.

L’auteur et sa méthodologie
– Qui est Thomas Gordon ? –

L’auteur

Thomas Gordon (1918-2002) est un psychologue américain. Il est connu pour avoir proposé une nouvelle approche de la communication (« Méthode Gordon ») et a été un pionnier dans la conceptualisation de la résolution des conflits avec son approche « Gagnant-gagnant » aussi appelée « Méthode sans perdant ». Son ouvrage « Parents Efficaces » s’est vendu à plus de 6 millions d’exemplaires dans le monde. Il a été proposé trois fois pour le prix Nobel de la paix et a reçu la médaille d’or de l’Association de psychologie humaniste.

La méthodologie

La méthode développée par Thomas Gordon s’appuie sur les recherches d’Abraham Maslow sur la satisfaction des besoins (dans le cas de la communication, ces besoins sont notamment la reconnaissance, la compréhension de l’autre, l’affirmation de soi, etc.). La « Méthode Gordon » repose sur le concept de « relations gagnant-gagnant », également appliquée en entreprise au travers du concept « win-win ». Elle s’appuie sur 2 outils fondamentaux : le Message-Je et l’Ecoute Active.

Les idées
– La « Méthode Gordon » –

Acceptation / Inacceptation

« Tous les parents sont des personnes qui éprouvent de temps à autre deux types de sentiments face à leurs enfants : acceptation et non-acceptation ». La ligne de démarcation entre la zone d’acceptation et la zone d’inacceptation dépend de la personnalité du parent, de l’enfant (certains enfants sont plus ou moins faciles à accepter), et enfin bien sûr du contexte et de la situation (on est moins tolérant lorsqu’il y a des invités à la maison par exemple, ou lorsqu’on est fatigué).

L’idée à retenir : le parent doit agir en accord avec ses sentiments (= ne pas faire semblant d’accepter, si le comportement de l’enfant se trouve dans sa zone d’inacceptation) sinon, il va envoyer des signaux contradictoires à l’enfant (communication non verbale notamment). Remarque intéressante : cela implique que les parents n’ont pas à présenter un front commun (sinon l’un des parents risque d’être en contradiction avec ses sentiments).

Conclusion : on peut bien sûr aimer et accepter son enfant mais ne pas approuver certains comportements. En revanche, cette nuance est difficile à saisir pour un enfant. Il est donc nécessaire, en cas d’inacceptation d’un comportement, de le communiquer avec franchise pour éviter d’envoyer des signaux mixtes à l’enfant.

Le langage de l’acceptation

Toujours dans l’idée d’envoyer des signaux cohérents à l’enfant, Gordon aborde la question du langage (et du comportement) du parent, qui doit véhiculer un sentiment d’acceptation s’il souhaite que la relation avec son enfant soit sincère et fructueuse et que l’enfant ait le sentiment d’être écouté.

Comment véhiculer l’acceptation ?
– la non intervention peut véhiculer l’acceptation (ex : accepter que l’enfant construise un château de sable imparfait, quitte à ce qu’il s’écroule, plutôt que de l’abreuver de conseils qui vont traduire une non-acceptation).
L’écoute passive, qui consiste à ne rien dire ou presque (tout en démontrant de l’intérêt bien sûr), permet à l’enfant de parler librement, voire de trouver lui-même une solution à un problème, sans être interrompu ou frustré par des questions, des raisonnements logiques, des réprimandes, etc. Même des conseils bien intentionnés peuvent véhiculer un sentiment d’inacceptation et bloquer le dialogue.
L’écoute active, consiste à reformuler pour « décoder » ce que dit l’enfant (pour être sûr de bien comprendre le vrai sens de ce qu’il dit). Ex : un enfant demande à quelle heure sera servi le dîner. Ses parents peuvent l’interpréter comme « il a faim », alors que l’enfant veut simplement savoir combien de temps il a pour jouer avant le repas.
« Dans l’écoute active, le récepteur essaie de comprendre ce que ressent l’émetteur, de saisir ce que son message veut dire. Ensuite, il transforme sa compréhension dans ses propres mots et retourne le message à l’émetteur pour vérification. Le « receveur » ne transmet pas son propre message comme une évaluation, une opinion, un conseil, un raisonnement, une analyse ou une question. Il retourne seulement ce qu’il pense être le véritable sens du message de l’émetteur, rien de plus, rien de moins. »
Cette méthode permet de démontrer de l’empathie et de la compréhension à l’égard de l’enfant, tout en lui permettant de conserver la responsabilité du problème. Elle permet d’établir des liens chaleureux entre parents et enfants, elle aide l’enfant à résoudre lui-même ses problèmes, elle laisse à l’enfant l’initiative de la conversation.

Comment parler pour que les enfants écoutent : le message-Je

On revient à l’idée de « coder » correctement le message, même s’il s’agit cette fois ci du message envoyé par le parent. On oppose ici « message-je » et « message-tu » : pour exprimer leur inacceptation d’un comportement, les parents ont tendance à utiliser un message-tu (ex : « tu es insupportable ») alors que pour que la communication soit efficace, le parent doit exprimer son sentiment (ex : je trouve insupportable que tu fasses ça »).
Pour résumer : « L’enfant décode le premier message comme une évaluation de lui-même. Il décode le second message comme un renseignement sur l’état du parent. ». Puisqu’ils permettent une communication plus sincère, les messages-je sont aussi plus efficaces, et plus sains pour l’enfant et pour la relation parent-enfant.

La méthode « gagnant-gagnant » ou « sans perdant »

Gordon considère qu’il y a deux méthodes classiques en ce qui concerne la résolution de conflit entre enfant et parent(s) :
Méthode 1 : le parent décide de la solution = le parent gagne
Méthode 2 : le parent cède à l’enfant = l’enfant gagne
Pour caricaturer, la première méthode donne des enfants frustrés, qui ne font même plus l’effort de communiquer puisqu’ils savent qu’ils ne peuvent pas gagner. Quant à la méthode 2, elle donne des enfants tyranniques, habitués des parents permissifs qui craignent de s’opposer à leur enfant.
L’alternative proposée par Gordon est une méthode de résolution des conflits sans perdant : les deux parties cherchent ensemble une solution qui soit acceptable pour tous les deux.

Comment appliquer la méthode sans perdant ?
« Un parent et un enfant se trouvent en situation de conflit de besoins. Le parent demande à l’enfant de participer avec lui à la recherche d’une solution acceptable pour tous les deux. L’un et l’autre peuvent offrir des solutions possibles. Ils évaluent ensuite ces suggestions de manière critique et puis en viennent à prendre comme décision une solution acceptable pour tous les deux. »

La méthode sans perdant est efficace parce que l’enfant, ayant participé à la décision, est motivé à appliquer la solution. Ils ont pris un engagement et se sentent responsables de l’appliquer. Cela implique un gain de temps puisque le parent n’a plus besoin de se fâcher contre l’enfant pour qu’il fasse telle ou telle chose, et surtout une relation apaisée entre parent et enfant, qui laisse plus de place à l’affection.

 

Parents Efficaces – Dr. Thomas Gordon
– Mon avis –

J’ai trouvé les raisonnements exposés plutôt convaincants, d’une part parce qu’ils s’appuient sur des concepts et méthodes que je connais depuis plusieurs années et que j’utilise dans mon travail (pyramide des besoins de Maslow, écoute active, solution win-win), et d’autre part parce que l’ouvrage est construit sur des exemples tirés des ateliers de formation à la Méthode Gordon (il s’agit donc d’exemples de situations concrètes rapportés par des parents, même s’ils sont probablement un peu enjolivés pour les besoins du livre).

De manière assez inévitables, les concepts abordés sont cependant moins innovants que ce qu’ils ont dû être en 1970 lors de la sortie du livre. En effet, ces concepts se sont démocratisés et ne semblent plus si nouveaux.

Dernier point, les concepts et méthodes sont bien décrits et illustrés avec beaucoup d’exemples, il ne faut cependant pas oublier qu’il s’agit à la base d’une formation de plusieurs jours. Certains points peuvent rester difficiles à saisir et surtout à appliquer si on n’a pas eu l’occasion d’être formé « en vrai ». Au niveau de l’écoute active par exemple, j’ai trouvé les exemples de dialogue moins convaincants, ce qui rend le concept plus difficile à maîtriser pour quelqu’un qui ne le connait pas déjà.

Malgré ces quelques points, j’ai trouvé cette lecture très utile et je la recommande volontiers (surtout vu son prix : 5,99€ aux éditions Marabout). Pour ma part, je pense le relire régulièrement pour garder les concepts « frais » dans ma tête. 🙂

Avez-vous lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?
Si non, est-ce qu’il vous intéresse ?

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