Enfants & Parents
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Leurs moments à eux

grandsparents

Pour la troisième fois depuis sa naissance, Babygirl va rester un long moment loin de nous, chez ses grands-parents. Elle y est déjà restée 2 semaines l’été dernier, puis 3 semaines en novembre quand nous sommes partis en Australie. Cet été, elle y restera à nouveau 3 semaines, pendant que nous travaillons et que la crèche est fermée.

Le moment de la séparation est toujours difficile : j’ai la gorge serrée, les larmes au bord des yeux. Je vois sur son visage qu’elle comprend, que ce qu’on lui a expliqué devient concret quand elle nous voit monter dans la voiture sans elle. Je sais qu’elle ne va pas pas pleurer et qu’elle va passer 3 semaines à s’amuser avec ses grands-parents et ses tantes, qui seront tous aux petits soins pour elle. Mais qu’elle gardera en elle une part de tristesse ravalée, qui refera surface quand nous viendrons la chercher ou quand nous lui parlerons sur Skype.

Alors, est-ce que ces séparations sont une bonne chose ?

Je lis ou j’entends parfois des commentaires sur des relations maman-enfant qui se disent fusionnelles, pour justifier de n’avoir jamais vécu de séparation : « On a une relation fusionnelle, on n’a jamais été séparé plus de 2h, je ne pourrais pas le supporter », « A 5 ans, mon fils n’a jamais passé une nuit loin de moi », etc.

Je ne sais pas trop quoi penser de ce terme « fusionnel » – j’aime ma Babygirl plus que tout au monde mais je ne voudrais pas qu’elle soit une part de moi, je veux qu’elle soit sa propre personne. En tout cas, j’ai du mal à croire qu’on puisse avoir une relation « trop » fusionnelle au point de ne pas pouvoir se séparer quelques jours. C’est difficile bien sûr, surtout les premières fois, mais quand on n’a pas le choix… il faut bien faire avec ! Pour nous, il est clair qu’il y a à la base un besoin de la faire garder à un moment où la crèche est fermée. Si ce n’était pas le cas, elle ne partirait sûrement qu’une semaine ou une dizaine de jours.

Mais je sais aussi que ces séparations sont bonnes, pour elle, pour nous et pour ses grands-parents.

De notre côté, nous retrouver en couple, souffler, respirer, trainer, se lever (enfin) tard.

De son côté, passer un long moment avec ses grands-parents qu’elle ne voit pas souvent, construire une relation avec eux, apprendre qu’il y a des gens – autres que son papa et sa maman – qui l’aiment très fort. Apprendre d’autres règles, dans d’autres environnements. Faire de nouvelles découvertes, goûter de nouveaux plats, être dans la nature, voir des animaux. Apprendre ce que c’est qu’une famille.

Et de leur côté : continuer à devenir des grands-parents. Prendre leur place, gâter leur petite-fille, vivre à nouveau au rythme d’un petit enfant, créer des souvenirs avec elle et participer à sa construction en tant que personne. Être responsables de sa sécurité et de son bien-être pendant quelques jours. Être ceux qui doivent donner des nouvelles et envoyer des photos.

Avoir des moments avec elle juste à eux.

Et chez vous, quelle place ont les grands-parents ? Avez-vous déjà vécu ou envisagé une séparation de plusieurs jours ?

4 Comments

  1. christelle says

    C’est encore avec plaisir que je lit votre nouvel article.

    Nous concernant, nous avons commencé très tôt avec notre fils de le faire bouger voir même passer une nuit chez des amis.
    Nous habitons à grenoble en france et nous n’avons pas de famille sur place.
    Récemment, nous sommes partis en italie mon mari et moi et avons laissé notre fils à la maison avec sa grand mére.
    Je reconnais que cela n’est pas simple, surtout au début.
    Mais, je reste persuadée avec mon mari, qu’il faut qu’il découvre autre chose.
    La terre est remplie de belle chose, il faut qu’il profite!!!!
    Bien entendu, nous sommes là pour l’accompagner.
    Notre souhait serait de faire un bivouac en montagne avec lui. Dormir dans la toile de tente reste encore un peu compliqué. IL prend cela pour jeu.
    Au plaisir de vous lire
    Christelle

    • unefilledavril says

      Tout à fait d’accord, il y a plein de belles choses à apprendre pour nos enfants en dehors du cocon papa-maman !

  2. Quel joli article qui m’a fait verser quelques larmes ! Les séparations sont bien souvent difficiles à entamer mais il est vrai que les deux parties s’en retrouvent ensuite enrichies.
    Pour nous, ce sont surtout les concours de circonstance qui ont souvent initié de brèves séparations avec notre petit loup, mais finalement, quelques heures après l’avoir quitté, nous sommes contents de goûter à nouveau à notre liberté d’avant, et quel plaisir de le retrouver ensuite…

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