Voyager avec un enfant
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10 mois sans école : le bilan

Ecole et voyage

EDIT : En France, à partir de la rentrée 2019, l’instruction devient obligatoire à partir de 3 ans (Vs 6 ans au moment où j’ai écrit cet article). Les informations relatives aux démarches légales et à l’instruction pendant le voyage deviennent donc obsolètes. En revanche, l’idée globale de l’article reste la même : un voyage est enrichissant en soi et il ne faut pas craindre de déscolariser un enfant si c’est pour vivre une expérience de ce type.

Agée de 3 ans au moment de notre départ en voyage, notre fille a manqué les deux tiers de sa première année de maternelle et le début de sa deuxième année. C’est grave docteur ?

Pour nous, le voyage comme le retour se sont très bien passés, et il me semble intéressant de partager notre expérience ici pour rassurer des parents qui envisagent un départ. Les bénéfices d’un voyage en famille sont tellement nombreux, en termes de découvertes et de prises de conscience, sans compter tout le temps qu’on passe ensemble !

Obligations légales et obligations personnelles

En ce qui concerne l’école, partir avec un enfant de 3 ans est assez simple. En effet en France, l’instruction n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans, il suffit donc de prévenir l’école et basta. En théorie en tout cas. Car le sujet de l’instruction est important, et même si d’un point de vue légal il n’y a pas d’obligation, il faut quand même penser à ce qu’on fera pendant le voyage et au retour.

Avant d’aller plus loin, je précise qu’avant de partir on a demandé à la maîtresse si elle nous recommandait de « travailler » pendant le voyage. Son avis : le voyage est suffisamment enrichissant en lui-même, il n’y a rien de particulier à faire à part prendre du temps pour lire, dessiner, jouer…

10 mois sans école
Au programme : navigation, snorkelling, observation des animaux…

Pendant le voyage

Pendant tout le voyage, nous avons agit comme à notre habitude avec notre fille, c’est-à-dire qu’on parlait beaucoup avec elle, on lui expliquait ce qu’on voyait, ce qu’on allait faire, etc.

Ce qu’elle a appris ou pu appréhender

  • Géographie : prise de conscience du monde, de la diversité des langues, des monnaies et des coutumes ; différence d’heure et de saison d’un pays à l’autre.
  • Nature : phénomènes naturels (volcans, désert de sel, etc.), rencontre avec des animaux et des végétaux inhabituels (les fruits en particulier !), etc.
  • Langues (parler espagnol et dire quelques mots d’anglais).
  • Sociabilité et savoir-être : s’habituer à rencontrer des gens constamment, respecter les autres voyageurs (ne pas faire trop de bruit, ne pas laisser de jouets de partout), être responsable de ses affaires, etc.
  • Mode de vie : vivre avec peu d’affaires, ne pas acheter tout ce qui nous fait envie, manger ce qu’il y a, prendre conscience qu’on ne peut pas tout avoir ou tout faire.

10 mois sans école
Barboter dans l’eau chaude des Caraïbes.

Difficultés ou aspects inattendus

# Lecture
On a passé moins de temps à lire que ce qu’on pensait, car impossible pour nous de lire dans les bus à cause du mal des transports, et peu de place pour des livres dans le sac. J’aurais aimé trouver un ebook d’histoires courtes à mettre sur mon Kindle mais je n’ai rien trouvé (et les app d’histoires que j’avais trouvées pour mon téléphone étaient nulles). Pour compenser, on passait régulièrement dans des librairies pour lire quelques histoires sur place et on écoutait beaucoup d’histoires audio enregistrées par la famille pour Lilly ! (THE bon plan)

# Dessin
On avait toujours un carnet et un stylo pour qu’elle gribouille à volonté, mais on aurait pu lui proposer plus souvent des coloriages, un grand cahier de dessin, etc. En effet on s’est rendu compte que certains jouets restaient toujours à portée de main, mais que le matériel de dessin était trop souvent au fond du sac !

# Apprentissage des lettres
Dans la deuxième partie du voyage, on a eu une demande de plus en plus forte de sa part pour jouer à l’école, et apprendre les lettres et les sons, au point que ça devenait parfois pesant pour nous (ex réel : « Ça fait quoi rkf ? Ça fait quoi ipip ?« ). On a répondu à ce besoin autant qu’on a pu mais au bout d’un moment il nous manquait tout simplement le matériel nécessaire pour avancer dans l’apprentissage de la lecture. On ne s’attendait pas du tout à ça !

10 mois sans école
Jeux en accès libre à Seattle

Au retour

Après nos 9 mois et quelques de voyage, nous avons posé nos valises quelques temps en France – le temps de décider où nous avions envie de vivre. Plutôt que d’attendre d’avoir un point de chute définitif, nous avons préféré mettre Lilly tout de suite à l’école pour qu’elle se remette dans le bain et qu’elle retrouve un milieu capable de répondre à ses besoins d’apprentissage (#parentsdépassés). Même si ça impliquait de la changer d’école quelques mois plus tard, je suis contente de l’avoir fait car cela l’a réhabituée au rythme et à la structure de l’école, et elle a tout de suite accroché avec ses maitresses et ses camarades de classe.

Comment ça s’est passé :

  • Envie d’aller à l’école mais légère inquiétude à l’idée de ne plus être tout le temps ensemble.
  • Intégration facile et rapide dans sa nouvelle école. Aucun problème d’adaptation à la vie de classe, au respect des règles… bien au contraire !
  • Pas de lacune particulière. Un léger retard en graphisme, dû au fait qu’elle n’avait jamais fait d’exercice d’écriture ou de coloriage (et effectivement on a vu une très rapide progression dès son entrée à l’école). Pour tout le reste : éveil, curiosité, respect des règles, motricité, compréhension, … aucun écart avec le reste de la classe.

10 mois sans école
Plein de choses à raconter après une demi journée d’école au Panama

Conclusion

Avant toute chose, sortir un enfant de l’école, même s’il n’est qu’en maternelle, n’est pas un acte anodin. Malgré tout ce qu’on peut reprocher au système scolaire actuel, les enfants de maternelle apprennent énormément : savoirs, savoir faire et savoir être.

Cependant on peut apprendre plein de choses quand on voyage ! Pour un enfant de maternelle, il n’y a pas besoin de faire la classe à la maison, mais il faudra tout de même veiller à éveiller sa curiosité. Il est important de lire et d’écouter des histoires, de parler de ce que l’on voit, de parler de ce qu’on a vu et fait dans le passé,  de ce que l’on va faire et de se projeter dans le futur, d’expliquer la nature, les pays… Il faut régulièrement proposer à l’enfant de dessiner, gribouiller, peindre quand c’est possible, de créer d’une manière ou d’une autre.

Il faut être conscient qu’il y aura forcément des décalages au retour, mais a priori rien d’insurmontable.

Enfin, concernant la vie en collectivité, il faut prendre en compte l’histoire de l’enfant. Dans notre cas, notre fille a été en crèche dès ses 4 mois, puis a enchaîné avec l’école. Elle s’est toujours facilement intégrée, et a toujours été très sociable et indépendante. Du coup, on n’avait pas de doute sur sa capacité à intégrer l’école à son retour. Si ce n’est pas le cas, et qu’on a un enfant plutôt timide, ou qui a du mal à gérer la séparation par exemple, il faut peut-être l’envisager avec des précautions plus poussées, pour que le retour ne soit pas trop difficile.

Et si des parents voyageurs me lisent, je serai ravie d’avoir leur retour d’expérience sur le sujet de l’école !

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4 Comments

  1. emmanuelle says

    article très intéressant, même si je ne suis pas concernée!

  2. Narb says

    Et voyager avec des parents qui ne travaillent plus et sont sur votre dos en permanence, on aura droit à un article, ou on demande à la principale victime ?? 😉

    • unefilledavril says

      Elle pourra faire une crise d’adolescence dans quelques années pour raconter son traumatisme, mais pour l’instant elle veut juste repartir en voyage !

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