Voyager avec un enfant
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Wwoofing avec un enfant

Wwoofer avec un enfant

Une des (nombreuses) choses que nous avions envie de faire pendant notre voyage de 9 mois en Amérique était de nous initier au wwoofing. Il y avait aussi la plongée mais ça c’est une autre histoire ! Le wwoofing, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un volontariat chez un fermier ou un petit producteur écologique, en échange du gîte et du couvert, avec pour but d’aider, d’apprendre et d’échanger. N’ayant jamais testé, nous ne savions pas vraiment à quel point ce serait faisable avec Lilly. Nous avons réfléchi à en faire en Argentine et en Colombie, mais sans grand succès, pour finalement trouver chaussure à notre pied au Canada !

WWOOF : organisation & principes

(ou « World-Wide Opportunities on Organic Farms »).
http://wwoof.net/
Sous ce nom barbare se cache simplement un réseau mondial de fermes pratiquant l’agriculture biologique, désireuses d’accueillir des volontaires pour partager leurs connaissances et leur quotidien. En échange de leur travail, les volontaires se voient généralement offrir le gîte et le couvert. Bien qu’international, le réseau WWOOF est en fait porté par une association indépendante dans chaque pays (ce qui est assez relou d’ailleurs).

Wwoofer avec un enfant

Bon à savoir :

– Le réseau WWOOF n’apporte aucune garantie, aucune assurance et aucune sécurité particulière. Il n’y a pas de contrôle des hôtes ni des volontaires, le site permet juste la mise en relation.
– L’adhésion est payante (c’est-à-dire qu’il faut payer une cotisation pour avoir accès à la liste des hôtes et pouvoir échanger avec eux) et… chaque pays ayant une organisation indépendante, il faut payer cette cotisation pour chaque pays dans lequel vous voulez faire des demandes.
– Chaque hôte a un profil sur le site dans lequel il doit expliquer, de manière plus ou moins détaillée, le type d’exploitation qu’il possède, le travail à faire, les conditions d’hébergement, si les enfants/animaux/couples/etc. sont acceptés, etc.

Notre expérience : 10 jours de wwoofing au Canada

Nous avons eu le plaisir de recevoir une réponse positive sur Vancouver Island et après quelques échanges par email, nous nous sommes engagés pour une dizaine de jours chez nos hôtes, Robin & Caleb. Employés tous les deux, ils ont commencé à travailler à mi-temps afin de pouvoir se consacrer à leur petit garçon et à leur exploitation. Quand nous y étions, il s’agissait essentiellement d’un jardin potager de belle taille, ainsi que d’une dizaine de poules (pour les œufs) et une trentaine de poussins (pour la viande). Ils produisent principalement pour eux mais font aussi des paniers hebdomadaires à la belle saison et vendent des fruits et légumes en bord de route (sur un stand en libre service, avec une petite tirelire pour payer !).

Wwoofing avec un enfant

Un bon équilibre travail / repos

Quand nous sommes arrivés chez Robin & Caleb, fin septembre, le plus gros du travail était déjà passé : nous étions là essentiellement pour les dernières récoltes et pour préparer la mise en repos du jardin potager et du jardin d’agrément. Nous avons donc ramassé des kilos de fraises, de mures et de framboises, désherbé, couvert d’engrais et de paille, coupé et rentré du bois, planté des arbres fruitiers et géré les poules. Comme il n’y avait pas assez de travail pour nous occuper toute la journée, nous avons trouvé un arrangement avec eux : seulement 4h de travail par jour en échange du gite et d’une partie de la nourriture, le reste étant à notre charge. De cette manière nous avons eu pas mal de temps pour explorer les environs et le reste de l’île !

Organisation quotidienne avec Lilly

En général, Lilly jouait près de nous pendant qu’on travaillait ou nous aidait (à ramasser des fraises par exemple). Le jardin potager était juste devant la tiny house où on dormait, donc on pouvait garder un œil sur elle sans problème. En cas de pluie, elle pouvait d’ailleurs rester seule dans la tiny house vu que nous étions juste à côté. Le rythme était parfait pour elle comme pour nous : pas de pression, beaucoup de flexibilité et la possibilité d’aider quand elle en avait envie. J’aurais aimé ajouter qu’elle pouvait jouer avec le petit garçon, juste un peu plus petit qu’elle, mais il faut bien avouer qu’elle n’a pas trop accroché avec lui… beaucoup plus avec ses jouets par contre !

Wwoofing au CanadaNotre tiny house
Notre tiny house avec douche et toilettes (sèches) à l’extérieur – sympa la nuit !

Wwoofer avec un enfant : ce qu’il faut savoir

Avantages / Contraintes

Sur le papier, le wwoofing est génial, surtout avec un enfant : cela permet de s’initier à l’agriculture dans un cadre adapté, de découvrir le travail de la terre et les soins aux animaux. En plus de ça il y a la rencontre avec d’autres personnes, d’autres cultures, d’autres modes de vie. Enfin le wwoofing offre la possibilité de visiter une région tout en ayant un pied à terre et un rythme posé, ce qui peut être plus pratique avec un enfant.

Mais avant d’en arriver là, il faut trouver un hôte…
1) qui accepte les enfants,
2) qui offre des conditions adaptées (on évite la ferme perdue au milieu de la jungle, accessible uniquement après 2h de crapahutage dans la boue et sans accès rapide aux soins d’urgence),
3) et enfin qui demande une quantité de travail adaptée et offre une certaine flexibilité dans l’organisation des journées.

Wwoofing au Canada avec un enfant

Comment s’organiser, trouver une ferme et voir si elle convient ?

– Commencez par lister sur le site WWOOF du pays les fermes qui acceptent les enfants.
– Lisez attentivement leur profil pour vérifier que le travail et les conditions d’hébergement sont compatibles avec vos besoins.
– Contacter les hôtes présélectionnés par vos soins et vous présenter en toute transparence. L’idéal est de préciser l’âge de votre enfant, ses besoins éventuels (lit, nourriture, etc.), son degré d’autonomie et d’adaptabilité… Et demandez tout simplement à l’hôte si ça lui semble compatible avec l’environnement et le travail attendu.
– Si le retour est positif, c’est le moment d’aller plus en détail :  quel est le travail attendu (quelles tâches + combien d’heures de travail par jour), est-ce que l’hôte a déjà hébergé des wwoofers avec enfants, comment est-ce qu’il propose de s’organiser, comment sont les conditions d’hébergement et de travail (sécurité, hygiène, …), etc.

A titre d’exemple, nous avions indiqué que Lilly avait l’habitude de voyager, qu’elle s’adaptait facilement et avait l’habitude de rencontrer de nouvelles personnes et de nouveaux environnements. Nous avons aussi précisé qu’elle pouvait dormir dans un lit normal (Vs lit bébé), ou avec nous s’il n’y avait pas assez de place, et qu’elle mangeait de tout. De leur côté Robin et Caleb ont mentionné quelques dangers potentiels (un étang, un escalier raide dans la tiny house) pour vérifier que c’était ok pour nous.

WWOOF Canada

Remarque générale (avec ou sans enfant) : lorsque nous avons tenté de trouver une ferme en Argentine, nous nous sommes rendu compte que le problème était… internet ! Certaines fermes contactées nous ont répondu plusieurs semaines après qu’on les ait contactées, (ce qui était déjà trop tard pour nous) car elles n’ont pas internet sur place – ce qu’on n’avait tout simplement pas anticipé. Conclusion, si vous voulez wwoofez dans un endroit un peu « reculé », il faut vous y prendre suffisamment à l’avance pour être sûr d’avoir le temps de recevoir des réponses et d’échanger des messages.

Bilan de l’expérience

A renouveler ! Aucun doute, ça nous a beaucoup plu. Nous avons aimé travailler à la ferme, faire des choses différentes tous les jours, passer nos journées à l’extérieur. L’organisation avec notre fille était très facile car Robin et Caleb nous ont laissé beaucoup de flexibilité. De son côté elle a aussi beaucoup aimé, autant le fait d’être un peu posés après des mois de voyage, que le fait de pouvoir participer aux récoltes ou encore de jouer dehors en pleine nature et en toute liberté.

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2 Comments

  1. Mathieu Pauline says

    Merci bcp pour votre partage d’expérience très complet et agréable an lire. J’ai 2 enfants de 3 et 6 ans et souhaitant envisager de possibles vacances l’an prochain en Wwoofing, votre article m’a plu!
    Bonne continuation!

    • unefilledavril says

      Merci pour ce gentil message. J’espère que vous tenterez l’expérience, c’est une belle aventure ! Mon conseil : il faut s’y prendre à l’avance, car avec des enfants ça prend plus de temps de trouver un wwoofing qui correspond. 🙂

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